Comment accompagner son enfant ou son adolescent quand il traverse une période difficile ?

Parent présent auprès de son adolescent pendant une période difficile

Il répond « rien » quand vous lui demandez ce qui ne va pas.

Il s’enferme davantage dans sa chambre.

Elle s’énerve dès que vous essayez de parler.

Depuis une séparation, un changement familial, une difficulté scolaire ou simplement depuis quelques semaines, vous sentez que quelque chose a changé.

Et vous vous demandez :

Comment l’aider sans l’envahir ?

C’est probablement l’une des positions les plus inconfortables pour un parent : sentir que son enfant ne va pas bien sans savoir exactement ce qui se passe — ni comment entrer en contact avec lui.

Il n’existe pas une phrase magique qui fait parler tous les adolescents.

En revanche, il existe des façons de préserver le lien, même lorsqu’un enfant ou un adolescent n’est pas prêt à parler.

Comment savoir si mon enfant traverse réellement une période difficile ?

Un changement ne signifie pas automatiquement qu’un enfant va mal.

À certaines périodes, et particulièrement à l’adolescence, le besoin d’intimité, les relations et les comportements évoluent.

Ce qui doit davantage attirer l’attention est un changement important par rapport à son fonctionnement habituel.

Par exemple :

  • il s’isole beaucoup plus ;
  • son humeur change fortement ;
  • il abandonne des activités appréciées ;
  • ses relations se modifient brutalement ;
  • son sommeil change ;
  • son alimentation évolue fortement ;
  • ses résultats scolaires chutent ;
  • il devient particulièrement irritable ;
  • il se dévalorise fréquemment ;
  • il semble constamment inquiet.

Plutôt que de comparer votre enfant aux autres, comparez-le d’abord à lui-même quelques semaines ou quelques mois auparavant.

Mon ado ne me parle plus : est-ce normal ?

L’adolescence s’accompagne souvent d’un besoin croissant d’autonomie et d’intimité.

Un adolescent peut moins raconter sa journée à ses parents sans que cela signifie qu’il ne leur fait plus confiance.

Le problème apparaît davantage lorsque la communication se ferme complètement et s’accompagne d’autres changements inquiétants.

Et plus le parent s’inquiète, plus il peut avoir envie de questionner.

Plus il questionne, plus l’adolescent peut se fermer.

Bienvenue dans l’un des grands classiques de la communication parent-ado.

L’objectif est donc parfois de rester disponible sans exiger immédiatement la confidence.

Comment garder le lien sans l’envahir ?

La communication ne passe pas toujours par une grande discussion en face-à-face.

Certains adolescents parlent plus facilement :

  • en voiture ;
  • pendant une promenade ;
  • en cuisinant ;
  • en faisant une activité ;
  • juste avant de dormir.

Ces moments ont un avantage : le jeune n’a pas nécessairement l’impression d’être convoqué pour LA discussion.

Vous pouvez également dire :

« J’ai remarqué que tu semblais moins bien ces derniers temps. Je ne vais pas te forcer à en parler, mais je veux que tu saches que je suis disponible. »

Puis réellement lui laisser cet espace.

La porte est ouverte.

Il décidera peut-être de la franchir plus tard.

Que faire lorsque mon enfant refuse de parler ?

Son silence ne signifie pas forcément qu’il n’a rien à dire.

Il peut :

  • ne pas savoir expliquer ce qu’il ressent ;
  • avoir peur de vous inquiéter ;
  • craindre votre réaction ;
  • avoir honte ;
  • vouloir régler le problème seul ;
  • ne pas être prêt à en parler.

On peut alors changer légèrement l’objectif.

Au lieu de chercher absolument à obtenir une réponse, cherchez à maintenir une relation suffisamment sécurisante pour qu’il puisse parler lorsqu’il sera prêt.

Et parfois, il parlera plus facilement à un autre adulte de confiance.

Ce n’est pas nécessairement un échec parental.

Ce qui compte est qu’il ne reste pas seul.

Parent et adolescent échangeant dans un moment calme

Comment aider son enfant lors d’une séparation des parents ?

Une séparation modifie les repères de toute la famille.

Même lorsqu’elle se déroule sans conflit majeur, l’enfant peut ressentir de la tristesse, de la colère, de l’inquiétude ou de la culpabilité.

Il peut se demander :

« Où vais-je vivre ? »

« Est-ce que je vais toujours voir papa/maman ? »

« Est-ce que c’est à cause de moi ? »

Les adultes peuvent l’aider en lui donnant des informations adaptées à son âge et en répétant clairement un message essentiel :

Il n’est pas responsable de la séparation.

Lorsque cela est possible, préserver des repères relativement stables et éviter de placer l’enfant au centre des conflits parentaux l’aide également à traverser cette période.

Comment gérer les conflits avec un adolescent ?

Un conflit n’est pas nécessairement le signe d’une mauvaise relation.

L’adolescent cherche aussi à devenir autonome, à tester ses opinions et à négocier certaines limites.

Tout accepter pour éviter les conflits n’est donc pas forcément la solution.

L’enjeu est de distinguer :

la limite que l’on pose

de

la manière dont on la pose.

Un parent peut dire non tout en respectant l’adolescent.

Et un adolescent peut être en colère contre une règle sans que la relation soit en danger.

Lorsque tout le monde est très énervé, reporter une discussion peut parfois être plus efficace que chercher absolument à avoir le dernier mot.

Parent à l'écoute de son adolescent

Comment parler des émotions en famille ?

Parler des émotions ne signifie pas transformer chaque dîner en groupe de parole.

Cela peut commencer par des choses très simples.

Nommer ses propres émotions sans les faire porter à l’enfant :

« Je suis un peu stressé aujourd’hui, j’ai besoin de quelques minutes pour redescendre. »

Reconnaître celles de l’enfant :

« Je vois que tu es très déçu. »

Et lui montrer qu’une émotion peut exister sans devenir un problème à résoudre immédiatement.

Les enfants apprennent beaucoup en observant la manière dont les adultes autour d’eux traversent leurs propres émotions.

Comment soutenir sans vouloir tout résoudre ?

Quand son enfant souffre, le réflexe parental est naturellement de chercher une solution.

Mais parfois, le jeune a d’abord besoin d’être entendu.

Avant de proposer une solution, on peut demander :

« Tu veux que je t’écoute ou tu veux qu’on cherche ensemble ce que tu pourrais faire ? »

Cette petite question peut éviter beaucoup de malentendus.

Elle permet aussi progressivement à l’enfant ou à l’adolescent d’identifier ce dont il a besoin.

Quand faut-il demander de l’aide extérieure ?

Certains changements justifient de demander conseil à un médecin ou à un professionnel de santé, notamment lorsqu’ils persistent, s’aggravent ou perturbent fortement la vie quotidienne.

Soyez particulièrement attentif en cas :

  • d’isolement important ;
  • de refus scolaire ;
  • d’anxiété intense ;
  • de changement important du sommeil ou de l’alimentation ;
  • de perte d’intérêt généralisée ;
  • de forte dévalorisation ;
  • de consommation préoccupante de substances ;
  • de scarifications ;
  • de propos suicidaires ou évoquant la mort.

Dans ces situations, il ne faut pas attendre que le jeune demande lui-même de l’aide.

 

Quelle place pour un accompagnement émotionnel ?

Certains enfants ou adolescents ont parfois plus de facilité à déposer ce qu’ils vivent auprès d’une personne extérieure à la famille.

Selon la situation et en complément d’une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu’elle est nécessaire, un accompagnement peut leur permettre de travailler sur leurs émotions, leur stress, leur confiance ou certaines situations difficiles.

Dans mon accompagnement des enfants et adolescents à Yffiniac, je veille également à respecter une place importante : celle du jeune.

L’objectif n’est pas de le faire parler à tout prix.

Il s’agit de créer les conditions pour qu’il puisse progressivement identifier ce qu’il ressent et développer ses propres ressources.

Laurence Carlo Guilloux
Accompagnatrice en mieux-être
Hypnose • Thérapies brèves • Approches complémentaires
HypnOrka – Yffiniac, près de Saint-Brieuc

Prenez soin de vous.

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À retenir

Accompagner un enfant ou un adolescent qui traverse une période difficile ne signifie pas avoir immédiatement la bonne réponse.

Parfois, aider consiste à :

observer sans surveiller,

écouter sans interroger,

poser des limites sans rompre le dialogue,

et savoir demander de l’aide lorsque la situation le nécessite.

Votre enfant n’a pas forcément besoin que vous résolviez tout.

Mais il a besoin de savoir que le lien reste là.

 

Questions fréquentes pour aider son enfant ou son adolescent dans une période difficile

Mon ado ne me parle plus : dois-je m’inquiéter ?

Un besoin plus important d’intimité peut être normal à l’adolescence. Soyez davantage attentif si ce retrait est brutal, très important ou accompagné d’autres changements concernant son humeur, son sommeil, ses relations, sa scolarité ou son alimentation.

Comment faire parler un adolescent qui ne veut rien dire ?

Chercher à le faire parler à tout prix peut renforcer son retrait. Montrez-lui plutôt que vous avez remarqué son changement et que vous restez disponible. Certains adolescents parlent aussi plus facilement lors d’une activité ou à un autre adulte de confiance.

Comment aider un enfant après la séparation de ses parents ?

Expliquez-lui la situation avec des mots adaptés à son âge, rassurez-le sur le fait qu’il n’en est pas responsable et donnez-lui autant que possible des repères clairs sur ce qui va changer et ce qui restera stable.

Faut-il éviter les conflits avec son adolescent ?

Non. Les désaccords font partie des relations familiales. L’important est de pouvoir maintenir des limites tout en respectant le jeune et de reprendre la discussion plus tard lorsqu’elle devient trop émotionnelle.

Quand demander de l’aide pour son enfant ?

Lorsque son comportement change fortement ou durablement, que sa souffrance perturbe son quotidien ou que vous observez des signes préoccupants, demandez conseil à un médecin ou à un professionnel de santé. Les scarifications ou propos suicidaires nécessitent une réaction rapide.

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