Stress scolaire, relations et mal-être : comment repérer qu’un enfant ou un ado ne va pas bien ?

Enfant stressé à l'idée d'aller à l'école

Tous les dimanches soir, il a mal au ventre.

Le matin, il traîne de plus en plus avant de partir.

Ses résultats baissent.

Votre adolescent, lui, répond simplement :

« J’ai pas envie d’y aller. »

Difficile pour un parent de savoir ce qui relève d’une période de démotivation, d’un stress ponctuel ou d’une véritable souffrance.

Car derrière un changement de comportement lié à l’école peuvent se cacher des réalités très différentes : pression scolaire, peur de l’échec, anxiété, difficultés relationnelles, harcèlement, fatigue ou événement personnel.

La première étape consiste donc moins à chercher immédiatement une explication qu’à observer ce qui a changé.

Quels sont les signes d’un mal-être lié à l’école ?

Il n’existe pas un signe unique.

Certains enfants parlent spontanément de leurs difficultés.

D’autres les montrent autrement.

Les parents peuvent notamment observer :

  • des maux de ventre ou de tête récurrents avant l’école ;
  • des difficultés de sommeil, notamment avant la reprise ;
  • des pleurs ;
  • une irritabilité inhabituelle ;
  • des demandes répétées pour rester à la maison ;
  • une baisse brutale des résultats ;
  • une peur excessive des évaluations ;
  • un isolement ;
  • la disparition de certaines relations amicales ;
  • des affaires régulièrement perdues ou abîmées ;
  • une modification importante du comportement.

Un signe isolé n’indique pas nécessairement un problème.

En revanche, plusieurs changements qui apparaissent ensemble ou persistent méritent d’être explorés.

Mon enfant ne veut plus aller à l’école : est-ce forcément de l’anxiété ?

Non.

Le refus ou la difficulté à aller à l’école peut avoir de nombreuses causes.

Il peut notamment être lié à :

  • une peur de l’échec ;
  • une difficulté d’apprentissage ;
  • des relations compliquées avec d’autres élèves ;
  • du harcèlement ;
  • un conflit ;
  • une séparation difficile avec les parents ;
  • une anxiété importante ;
  • un événement vécu à l’école ;
  • une fatigue ou un problème de santé.

Il faut donc éviter de conclure trop rapidement :

« C’est du stress. »

Chercher ce qui se passe réellement permet d’adapter la réponse.

Comment distinguer stress scolaire et anxiété ?

Un certain niveau de stress peut apparaître avant un contrôle, un examen, une présentation orale ou une rentrée.

Il diminue généralement lorsque l’événement est terminé.

L’anxiété peut être plus persistante et apparaître bien avant la situation redoutée.

L’enfant peut anticiper :

« Je vais rater. »

« Je vais avoir honte. »

« Tout le monde va se moquer de moi. »

Cette anticipation peut progressivement conduire à l’évitement.

Lorsque la peur empêche régulièrement l’enfant ou l’adolescent d’aller en cours, de participer ou de vivre normalement sa scolarité, un avis professionnel est important.

Quels signes peuvent faire penser à du harcèlement scolaire ?

Un enfant harcelé ne raconte pas toujours immédiatement ce qui lui arrive.

Il peut avoir peur des conséquences, avoir honte ou penser que les adultes ne pourront rien faire.

Certains changements doivent attirer l’attention, particulièrement lorsqu’ils sont soudains :

  • refus ou peur d’aller à l’école ;
  • isolement ;
  • perte inexpliquée d’affaires ;
  • vêtements ou matériel abîmés ;
  • blessures inexpliquées ;
  • chute des résultats ;
  • troubles du sommeil ;
  • changement d’humeur ;
  • somatisations répétées ;
  • diminution importante de l’estime de soi.

Ces signes peuvent avoir d’autres causes.

Ils doivent surtout inviter à ouvrir le dialogue et rechercher ce qui se passe.

En cas de suspicion de harcèlement, il est important d’agir avec l’établissement scolaire et de solliciter les dispositifs professionnels adaptés.

Enfant ayant mal au ventre avant d'aller à l'école

Pourquoi le stress scolaire peut-il provoquer des symptômes physiques ?

Avant même que l’enfant ait trouvé les mots, son corps peut réagir.

Le stress peut s’accompagner de tensions musculaires, d’accélération du rythme cardiaque ou de sensations digestives.

Certains enfants décrivent alors :

« J’ai mal au ventre. »

« J’ai envie de vomir. »

« J’ai mal à la tête. »

Ces symptômes ne doivent pas être considérés comme « imaginaires ».

Et avant de conclure qu’ils sont liés au stress, il convient de demander un avis médical lorsqu’ils sont importants, persistants ou répétés.

Comment parler avec son enfant lorsque l’école semble devenir un problème ?

Choisissez si possible un moment calme plutôt que le matin à 7 h 52, manteau à la main et cartable dans l’autre.

Essayez des questions ouvertes :

« J’ai remarqué que les matins sont plus difficiles en ce moment. Qu’est-ce qui est le plus compliqué ? »

« Est-ce qu’il y a un moment de la journée où tu te sens moins bien ? »

« Comment ça se passe avec les autres ? »

Et acceptez éventuellement :

« Je ne sais pas. »

ou :

« J’ai pas envie d’en parler. »

On peut maintenir la disponibilité :

« D’accord. Si tu veux en reparler plus tard, je suis là. »

Le lien reste alors ouvert.

Parent écoutant son enfant parler de ses difficultés à l'école

Comment aider sans augmenter la pression scolaire ?

Face à une baisse de résultats, il est tentant de remettre immédiatement l’accent sur le travail.

Pourtant, lorsque l’enfant est déjà en difficulté émotionnelle, davantage de pression peut parfois amplifier le problème.

Il peut être utile de distinguer :

ses résultats scolaires
de
sa valeur personnelle.

Valorisez également les efforts, les stratégies utilisées, les progrès et les compétences qui ne figurent sur aucun bulletin.

Un 8/20 est une information sur une évaluation.

Pas un résumé de votre enfant.

Quand faut-il demander de l’aide ?

Un échange avec l’établissement scolaire, le médecin ou d’autres professionnels peut être nécessaire lorsque les difficultés persistent ou deviennent importantes.

Consultez notamment si vous observez :

  • un refus scolaire persistant ;
  • des crises d’angoisse ;
  • une forte détérioration de l’état émotionnel ;
  • des symptômes physiques récurrents ;
  • un isolement important ;
  • une suspicion de harcèlement ;
  • une modification importante du sommeil ou de l’alimentation ;
  • des scarifications ;
  • des propos suicidaires.

Lorsqu’un enfant est en souffrance, l’objectif n’est pas seulement de réussir à le remettre physiquement dans une salle de classe.

Il faut comprendre ce qui rend l’école devenue si difficile.

Quelle place pour un accompagnement émotionnel ?

Selon la situation et en complément des professionnels concernés lorsque cela est nécessaire, un accompagnement peut aider l’enfant ou l’adolescent à travailler sur certaines dimensions émotionnelles : stress, peur de l’échec, confiance, émotions, anticipation ou regard des autres.

Dans mon accompagnement des enfants et adolescents à Yffiniac, nous définissons un objectif adapté à l’âge du jeune et à la difficulté qu’il rencontre.

L’école peut être le lieu où le problème apparaît.

Mais ce que l’on travaille ensemble peut être, par exemple, la confiance, la gestion du stress ou la capacité à retrouver un sentiment de sécurité.

 

À retenir

Lorsqu’un enfant ne veut plus aller à l’école ou change brutalement de comportement, il n’existe pas une seule explication.

Stress, anxiété, difficultés scolaires, relations ou harcèlement peuvent produire des signes parfois proches.

Avant de chercher à « corriger » le comportement, essayons de comprendre ce qu’il raconte.

 

Questions fréquentes sur le stress scolaire et le mal-être à l’école

Pourquoi mon enfant a-t-il mal au ventre avant d’aller à l’école ?

Le stress ou l’anxiété peuvent s’accompagner de manifestations digestives. Cependant, des douleurs fréquentes ou persistantes nécessitent un avis médical afin d’écarter une autre cause.

Mon enfant ne veut plus aller à l’école : que faire ?

Essayez d’abord d’identifier ce qui rend l’école difficile sans supposer immédiatement la cause. Lorsque le refus persiste ou devient important, contactez l’établissement et demandez conseil à un médecin ou au professionnel adapté à la situation.

Comment savoir si mon enfant est harcelé ?

Un changement brutal de comportement, l’isolement, la peur d’aller à l’école, des affaires perdues ou abîmées ou une chute des résultats peuvent faire partie des signes observés. Aucun de ces éléments ne suffit seul à confirmer un harcèlement : ils doivent conduire à rechercher ce qui se passe.

Comment aider un adolescent stressé par ses résultats scolaires ?

Aidez-le à distinguer sa valeur personnelle de ses résultats, valorisez ses efforts et cherchez avec lui ce qui génère le plus de pression. Si le stress devient envahissant ou empêche la poursuite normale de la scolarité, demandez un avis professionnel.

Quand le stress scolaire devient-il préoccupant ?

Lorsqu’il devient persistant et provoque évitement, troubles du sommeil, manifestations physiques répétées, crises d’angoisse ou altération importante de la vie quotidienne, il ne s’agit plus simplement du petit stress ponctuel précédant un contrôle.

 

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