Quand on parle d’hypnose, beaucoup d’adultes imaginent encore une personne allongée, les yeux fermés, parfaitement immobile pendant que le praticien parle.
Avec un enfant, cela peut être très différent.
Il peut ouvrir les yeux, bouger, jouer, dessiner, raconter une histoire, inventer un personnage ou partir dans son imagination.
Et finalement, ce n’est pas si étonnant.
Un enfant peut transformer un canapé en bateau, une couverture en cabane et partir sauver le monde avant même que nous ayons terminé notre café. 😉
Cette capacité naturelle à imaginer, jouer et entrer dans une histoire peut devenir un formidable support pour l’accompagnement.
L’hypnose avec un enfant ou un adolescent consiste donc avant tout à adapter l’approche à son âge, sa maturité, sa personnalité et ce qu’il vit.
L’hypnose chez l’enfant : utiliser son langage à lui
Avec les plus jeunes, je peux utiliser le jeu, les histoires, les métaphores, le dessin, les sensations ou le mouvement.
L’enfant n’a pas nécessairement besoin d’expliquer longuement ce qui lui arrive.
C’est d’ailleurs parfois l’un des intérêts de cette approche.
Il peut être difficile de répondre à :
« Pourquoi tu as peur ? »
quand on ne sait soi-même pas vraiment pourquoi.
L’imaginaire permet d’explorer autrement ce qui se passe et d’aider l’enfant à chercher ses propres solutions, plutôt que de lui imposer celles de l’adulte.
Avec un adolescent, l’approche change encore.
Certains apprécient les visualisations. D’autres ont besoin de comprendre ce que je leur propose. Certains parlent facilement ; d’autres ont besoin de temps avant d’accorder leur confiance.
Je m’adapte à l’enfant ou à l’adolescent, pas l’inverse.
À partir de quel âge peut-on utiliser l’hypnose ?
Il n’existe pas vraiment un âge magique à partir duquel un enfant deviendrait soudainement « hypnotisable ».
L’utilisation de l’hypnose évolue surtout avec son développement.
Chez le très jeune enfant, les professionnels de santé peuvent notamment utiliser des techniques hypnotiques ou de distraction lors de certains soins. Dans mon cabinet, je travaille avec des enfants suffisamment grands pour pouvoir participer à l’accompagnement et entrer en relation avec moi.
Avec les jeunes enfants, le jeu et l’imaginaire occupent une grande place.
En grandissant, l’enfant peut davantage élaborer ses propres images, identifier ses sensations, comprendre ce qu’il ressent et devenir très actif dans ce que nous expérimentons.
À l’adolescence, l’hypnose reste tout à fait possible. Mais il y a une condition qui me paraît essentielle :
l’adolescent doit lui-même avoir envie que quelque chose change.
Amener un adolescent parce que ses parents veulent qu’il change n’est pas la même chose que l’accompagner autour d’une difficulté qu’il reconnaît lui-même.
Et cette différence compte beaucoup.
Pour quelles difficultés l’hypnose peut-elle être utilisée ?
Les familles me contactent pour des situations très différentes.
L’hypnose peut être l’un des outils utilisés dans l’accompagnement lorsqu’un enfant ou un adolescent rencontre par exemple :
- des peurs ou de l’anxiété ;
- certaines phobies ;
- des difficultés à gérer ses émotions ;
- des difficultés d’endormissement ou un sommeil perturbé ;
- un manque de confiance en lui ;
- du stress scolaire ou lié aux examens ;
- une période de changement : séparation des parents, déménagement, deuil… ;
- certaines manifestations corporelles liées au stress ;
- une énurésie, lorsque les causes nécessitant une prise en charge médicale ont été recherchées ;
- des difficultés à s’adapter à certaines situations.
Mais cette liste n’est pas un catalogue de choses que « l’hypnose soigne ».
Une même manifestation peut avoir des causes très différentes.
Un enfant qui a mal au ventre avant l’école peut être anxieux, mais il peut également avoir un problème médical, rencontrer des difficultés scolaires, vivre une situation relationnelle compliquée ou subir du harcèlement.
Avant de chercher à faire disparaître le symptôme, il faut donc essayer de comprendre ce qu’il raconte de la situation de l’enfant et, lorsque c’est nécessaire, l’orienter vers un professionnel de santé.
Et pour l’énurésie ?
C’est une demande que je rencontre chez les enfants et qui mérite quelques précisions.
Faire pipi au lit n’est pas une question de mauvaise volonté.
L’énurésie peut avoir différentes causes et un avis médical peut être nécessaire, notamment lorsqu’elle apparaît secondairement, s’accompagne d’autres symptômes ou lorsqu’un doute existe sur son origine.
Une fois les aspects médicaux évalués, l’accompagnement peut notamment travailler autour de la confiance, des sensations corporelles, de l’autonomie ou de certains automatismes.
L’enfant reste toujours acteur de ce que nous faisons.
Il n’a pas à se sentir coupable d’un mécanisme qu’il ne contrôle justement pas encore comme il le souhaiterait.
Quelle place pour les parents ?
Les parents sont importants dans l’accompagnement.
Vous connaissez votre enfant dans son quotidien : son sommeil, ses réactions, les moments où la difficulté apparaît, ce qui a déjà été essayé et les changements que vous avez observés.
Ces informations me sont précieuses.
Nous prenons donc un temps pour échanger.
Mais votre enfant a également besoin de pouvoir créer sa propre relation de confiance avec moi.
Selon son âge et la situation, une partie de la séance peut donc se dérouler sans ses parents.
Ce n’est pas parce qu’il existe quelque chose que vous ne devez pas savoir.
C’est parce qu’en grandissant, un enfant puis un adolescent a aussi besoin de découvrir qu’il dispose d’un espace qui lui appartient, dans un cadre adapté à son âge et à sa sécurité.
Les parents peuvent ensuite recevoir des outils ou des repères pour poursuivre certaines choses à la maison.
Nous travaillons donc ensemble, mais chacun a sa place.
À quoi ressemble concrètement une séance ?
Il n’y a pas de séance type applicable à tous les enfants.
Nous pouvons commencer par discuter de ce qu’il aimerait changer.
Puis utiliser une histoire, un dessin, un jeu, une visualisation, des sensations corporelles ou un exercice très concret.
Parfois l’enfant parle beaucoup.
Parfois beaucoup moins.
Et parfois, ce que j’avais imaginé utiliser en début de séance finit tranquillement dans un coin parce que l’enfant m’a montré qu’une autre porte d’entrée lui convenait mieux.
C’est aussi cela, accompagner un enfant : savoir adapter ce que l’on avait prévu.
L’objectif n’est pas qu’il réussisse « une bonne séance d’hypnose ».
L’objectif est qu’il puisse repartir avec une expérience ou un outil qui a du sens pour lui.
L’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychologique
L’hypnose est un outil d’accompagnement.
Elle ne permet pas de poser un diagnostic et ne remplace pas une prise en charge médicale, psychologique ou pédopsychiatrique lorsqu’elle est nécessaire.
Certaines situations demandent d’ailleurs avant tout de repérer, orienter et travailler avec d’autres professionnels.
Je préfère dire à une famille que mon accompagnement n’est pas suffisant plutôt que de vouloir utiliser l’hypnose pour tout.
Parce que l’objectif reste le même :
apporter à l’enfant l’aide dont il a réellement besoin.
Les Pépites d’HypnOrka — Essayez son langage
Votre enfant vous dit :
« J’ai une boule dans le ventre. »
Notre réflexe d’adulte peut être de répondre :
« Mais non, ne t’inquiète pas. »
Essayez plutôt de rester quelques instants dans son imaginaire :
« Elle serait comment, cette boule ? »
Grande ou petite ? Lourde ou légère ? D’une couleur ? Est-ce qu’elle bouge ? Et si elle pouvait devenir un peu plus petite, qu’est-ce qui l’aiderait ?
Vous ne cherchez pas immédiatement à lui expliquer ce qu’il devrait ressentir.
Vous lui permettez d’abord d’explorer ce qu’il ressent avec ses propres mots et ses propres images.
C’est souvent là que les enfants nous surprennent.
Vous envisagez l’hypnose pour votre enfant ou votre adolescent ?
Un premier échange permet de comprendre la situation, ce qui pose difficulté aujourd’hui et ce que votre enfant ou adolescent aimerait voir évoluer.
L’hypnose peut ensuite faire partie de l’accompagnement, seule ou associée à d’autres outils adaptés à son âge et à sa personnalité.
→ Découvrir l’accompagnement Enfants & Adolescents
Vos questions sur l’hypnose chez l’enfant
Mon enfant doit-il fermer les yeux pendant l’hypnose ?
Non. Un enfant peut garder les yeux ouverts, bouger, parler ou jouer. La manière de travailler est adaptée à son âge et à sa façon de fonctionner.
Mon enfant peut-il être hypnotisé contre sa volonté ?
L’accompagnement nécessite sa participation. Je préfère d’ailleurs parler de coopération : particulièrement avec un adolescent, son envie de participer et son propre objectif sont essentiels.
Les parents restent-ils pendant la séance ?
Cela dépend de l’âge de l’enfant et de la situation. Nous échangeons ensemble lorsque cela est nécessaire, puis une partie de la séance peut se dérouler directement avec l’enfant ou l’adolescent.
Combien de séances faut-il ?
Cela dépend de la difficulté rencontrée, de son ancienneté et de l’évolution de l’enfant. Je privilégie un accompagnement progressif permettant également au jeune d’acquérir des outils qu’il pourra réutiliser.
L’hypnose convient-elle à tous les enfants ?
Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière aux mêmes outils. C’est pourquoi l’hypnose n’est pas utilisée comme un protocole identique pour tous : l’accompagnement s’adapte à l’enfant.
Laurence Carlo Guilloux
Accompagnatrice en mieux-être
Hypnose • Thérapies brèves • Approches complémentaires
HypnOrka – Yffiniac, près de Saint-Brieuc
Prenez soin de vous.



