Des pistes concrètes pour l’accompagner
1. Dites la vérité, avec des mots simples. Évitez « il dort » (l’enfant peut avoir peur de s’endormir) ou « il est parti » (il peut attendre son retour). Préférez : « papa est mort. Son corps s’est arrêté de fonctionner. Il ne respire plus, il n’a plus mal, et il ne reviendra pas. » Vous pouvez ensuite partager vos croyances, si vous en avez.
2. Répondez à ses questions, même répétées. Un enfant pose souvent la même question plusieurs fois : il vérifie que la réponse n’a pas changé. Si vous ne savez pas, vous pouvez dire « je ne sais pas, mais on peut chercher ensemble ».
3. Accueillez toutes ses émotions, y compris la colère contre le parent décédé, ou les moments de joie. Sans corriger, sans juger. Et vous avez le droit de pleurer devant lui : vous lui montrez que la tristesse se vit, et qu’on y survit.
4. Gardez les repères du quotidien. École, repas, coucher, activités : les routines disent à l’enfant que la vie continue et qu’il est en sécurité.
5. Proposez-lui des moyens de s’exprimer : dessiner, écrire une lettre, jouer, lire des albums sur le deuil adaptés à son âge.
6. Créez des rituels de souvenir : une boîte à souvenirs, un album photo, une bougie le jour de son anniversaire, un arbre planté ensemble. Demandez-lui s’il souhaite participer aux obsèques, en lui expliquant ce qu’il va voir.
7. Prévenez l’école. L’enseignant pourra être attentif et vous alerter si besoin. Les moments comme la fête des mères ou des pères peuvent être préparés ensemble.
Quand demander de l’aide à un professionnel
- Plusieurs mois après, l’enfant ne parvient toujours pas à reprendre ses activités habituelles.
- Les troubles du sommeil, les peurs ou les maux de ventre durent ou s’aggravent.
- Il s’isole de plus en plus, refuse d’aller à l’école, ou ses résultats chutent nettement.
- Il parle de vouloir rejoindre le parent décédé, ou de mourir : dans ce cas, consultez sans attendre votre médecin, ou appelez le 3114.
Votre médecin traitant ou votre pédiatre pourront vous orienter si besoin vers un pédopsychiatre ou un psychologue.