Énurésie chez l’enfant : quelle place pour l’hypnose ?

Accompagnement par l'hypnose d'un enfant souffrant d'énurésie

« Il est pourtant assez grand maintenant… »

« Tu es sûr d’être allé aux toilettes avant de dormir ? »

« Chez les copains, ça ne t’arrive pas ? »

Lorsqu’un enfant continue à faire pipi au lit, les parents cherchent naturellement une solution.

Mais pour l’enfant, il peut aussi se passer autre chose : la honte, la peur que quelqu’un le découvre, l’impression d’être différent ou de ne pas réussir quelque chose que les autres savent déjà faire.

Certains n’osent plus dormir chez un copain, partir en classe découverte ou passer quelques jours ailleurs sans leurs parents.

Et lorsque toute la famille attend enfin « la nuit sèche », le sujet peut progressivement prendre beaucoup de place.

Alors, l’hypnose peut-elle aider un enfant qui souffre d’énurésie ?

Elle peut parfois faire partie de l’accompagnement. Mais certainement pas sans avoir vérifié auparavant que cet accompagnement a réellement sa place.

C’est un point auquel je tiens particulièrement.

Dans le cadre de ma formation Kiddy Mind, j’ai été formée par le Dr Anne-Gaëlle Marien, pédopsychiatre, notamment autour de l’énurésie et de l’encoprésie.

Cette formation ne consistait pas seulement à apprendre des techniques.

Nous avons aussi appris à questionner la situation, recueillir les informations importantes, repérer ce qui nécessite une vigilance particulière et orienter l’enfant vers le professionnel compétent lorsque la situation sort de notre champ d’accompagnement.

Mon premier réflexe n’est donc pas :

« Il fait pipi au lit, faisons de l’hypnose. »

Mon premier réflexe est de chercher à comprendre.

L’énurésie n’est ni une faute ni un manque de volonté

C’est probablement la première chose qu’un enfant a besoin d’entendre.

Il ne fait pas pipi au lit exprès.

Le gronder, le punir, se moquer de lui ou lui demander de « faire un effort » risque surtout d’ajouter de la culpabilité à une situation qu’il ne maîtrise justement pas comme il le souhaiterait.

L’énurésie nocturne correspond à des mictions involontaires pendant le sommeil chez un enfant ayant atteint un âge où le contrôle nocturne est normalement attendu.

Mais derrière le même « pipi au lit », les situations peuvent être très différentes.

Un enfant peut n’avoir jamais acquis durablement la propreté nocturne.

Un autre peut recommencer à mouiller son lit après une longue période de nuits sèches.

Il peut également exister d’autres manifestations associées.

C’est pourquoi je ne commence pas par chercher une interprétation émotionnelle du symptôme. Je commence par poser des questions.

Avant l’hypnose : questionner et vérifier

Lorsque des parents me contactent, plusieurs informations vont m’intéresser.

Depuis quand cela arrive-t-il ?

L’enfant a-t-il déjà été propre la nuit pendant une période prolongée ?

La difficulté est-elle uniquement nocturne ?

Y a-t-il également des difficultés pendant la journée ?

Un changement récent est-il survenu ?

L’enfant a-t-il déjà vu son médecin pour cette difficulté ?

Des vérifications, examens ou prises en charge ont-ils été recommandés ?

Ces questions ne servent pas à poser un diagnostic.

Ce n’est pas mon rôle.

Elles me permettent de déterminer si je peux envisager un accompagnement ou si la priorité est d’abord de demander l’avis d’un professionnel de santé.

Selon la situation, je peux donc dire aux parents :

« Avant que nous commencions, je préfère que vous en parliez avec votre médecin. »

Pour moi, savoir orienter fait pleinement partie de l’accompagnement.

Énurésie et encoprésie : ne pas conclure trop vite que « c’est psychologique »

On entend encore parfois :

« Il fait pipi au lit parce qu’il est anxieux. »

Ou :

« C’est sûrement émotionnel. »

Ce lien peut sembler évident lorsqu’une difficulté apparaît à proximité d’une séparation, d’un déménagement, d’une naissance, d’un deuil ou d’une période compliquée à l’école.

Mais une coïncidence ne suffit pas à établir une cause.

L’énurésie, comme l’encoprésie, peut faire intervenir différents mécanismes qui doivent être évalués par les professionnels compétents.

C’est précisément l’un des enseignements importants que je retiens de ma formation auprès du Dr Anne-Gaëlle Marien : ne pas vouloir expliquer trop rapidement un symptôme par une cause psychologique.

Les dimensions médicales et physiologiques doivent avoir été explorées lorsque cela est nécessaire.

Ensuite, lorsqu’une dimension émotionnelle est présente ou que la difficulté a des conséquences importantes sur l’enfant, un accompagnement complémentaire peut éventuellement trouver sa place.

Alors, quelle peut être la place de l’hypnose ?

Une fois les vérifications nécessaires réalisées et lorsque la situation entre dans mon champ d’accompagnement, nous pouvons nous demander :

qu’est-ce qui pourrait aider cet enfant en particulier ?

L’hypnose peut être l’un des outils proposés.

Avec un enfant, elle passe souvent par son langage naturel : l’imaginaire, les histoires, le jeu, les métaphores, les sensations ou le dessin.

Selon ce qui lui parle, il pourra par exemple imaginer un signal, un réservoir, un gardien, un système d’alarme ou inventer complètement autre chose.

Je n’ai pas besoin de lui fournir toutes les solutions.

Les enfants ont souvent une imagination suffisamment riche pour nous emmener dans des directions auxquelles nous n’aurions jamais pensé.

Et c’est justement intéressant.

L’enfant devient acteur de ce que nous expérimentons ensemble.

Non, je ne lui dis pas : « À partir de maintenant, tu ne feras plus pipi au lit »

L’hypnose n’est pas une baguette magique et je ne peux pas garantir qu’un enfant deviendra propre la nuit après une séance ou un nombre déterminé de séances.

Je ne cherche pas non plus à lui imposer une instruction.

Selon sa situation, nous pouvons travailler autour de ses sensations corporelles, de certains automatismes, de l’imaginaire, de ses émotions ou de sa confiance en lui.

Il peut bouger, parler, dessiner ou garder les yeux ouverts.

Une séance d’hypnose avec un enfant ne ressemble pas nécessairement à l’image que les adultes se font de l’hypnose.

Et surtout, l’outil s’adapte à l’enfant, pas l’enfant à l’outil.

Parfois, le problème n’est plus seulement le pipi au lit

Même lorsque l’énurésie n’a pas une origine psychologique, elle peut avoir des conséquences émotionnelles très réelles.

C’est là que l’accompagnement peut aussi prendre tout son sens.

Un enfant peut finir par penser :

« Je suis nul. »

« Je suis encore un bébé. »

« Mes copains vont se moquer de moi. »

« Je ne peux pas partir avec l’école. »

« Je ne veux pas dormir chez mon copain. »

La difficulté commence alors à toucher la confiance en soi, les relations avec les autres et parfois l’autonomie de l’enfant.

Dans ce cas, notre objectif ne se limite pas forcément à compter les nuits sèches.

Nous pouvons aussi travailler pour que l’enfant cesse progressivement de se définir par ce qui lui arrive.

« Mon corps ne maîtrise pas encore cela » n’est pas « Je suis nul »

La différence peut sembler petite.

Pour un enfant, elle est énorme.

« Je suis nul parce que je fais pipi au lit. »

met le problème dans son identité.

Alors que :

« Mon corps ne maîtrise pas encore quelque chose comme je le voudrais. »

laisse une possibilité d’évolution.

L’enfant reste celui qui joue, apprend, fait rire ses copains, dessine, joue au foot, adore les dinosaures, connaît toutes les paroles de sa chanson préférée ou pose environ 847 questions par jour. 😉

Il est beaucoup plus grand que son énurésie.

Et il est important que les adultes qui l’entourent continuent eux aussi à le regarder ainsi.

La place des parents : accompagner sans mettre davantage de pression

Lorsque toute la famille attend « la bonne nuit », chaque matin peut devenir un contrôle.

« Alors ? »

« Cette nuit ? »

« C’était sec ? »

Même avec de très bonnes intentions, l’enfant peut finir par comprendre :

« Ce matin, je vais savoir si j’ai réussi ou échoué. »

Il peut être intéressant d’observer aussi d’autres évolutions.

Est-il moins inquiet ?

Parle-t-il plus facilement de ce qu’il vit ?

Se dévalorise-t-il moins ?

Accepte-t-il de nouveau certaines activités ?

Commence-t-il à utiliser seul un outil découvert en séance ?

Repère-t-il mieux certaines sensations ?

Bien sûr, si les parents consultent pour une énurésie, ils espèrent une évolution de celle-ci.

Mais la progression d’un enfant ne se résume pas toujours immédiatement à “sec” ou “mouillé”.

Et lorsqu’il s’agit d’encoprésie ?

L’encoprésie concerne les selles et constitue une problématique différente de l’énurésie.

Je la cite ici parce que ma formation avec le Dr Anne-Gaëlle Marien concernait également le questionnement et l’orientation autour de l’encoprésie.

Là encore, mon rôle n’est pas de conclure qu’un enfant rencontre nécessairement un problème émotionnel.

Une évaluation médicale peut être indispensable et certaines situations nécessitent une prise en charge spécifique.

Le même principe s’applique donc :

questionner → repérer → orienter si nécessaire → accompagner seulement lorsque cela relève de mon champ.

Je préfère dire à une famille que je ne suis pas la bonne personne à ce moment-là plutôt que d’utiliser l’hypnose simplement parce que c’est l’un de mes outils.

Les Pépites d’HypnOrka — Changeons ce que nous mesurons

Si votre enfant fait pipi au lit, essayez de ne pas faire de la nuit sèche son seul indicateur de réussite.

Demandez-lui aussi :

« De quoi es-tu fier cette semaine ? »

Et sa réponse n’a même pas besoin de concerner son énurésie.

Il a osé lever la main en classe ?

Il a réussi quelque chose qui lui faisait peur ?

Il a dormi chez ses grands-parents ?

Il a exprimé ce qu’il ressentait ?

Il a utilisé seul un outil qu’il avait appris ?

Parce qu’il y a une phrase que j’aimerais que les enfants concernés puissent conserver :

« Je ne fais pas exprès. Je ne suis pas mon problème. Et mon problème ne dit pas tout ce dont je suis capable. »

Quand envisager un accompagnement chez HypnOrka ?

Lorsque les vérifications nécessaires ont été réalisées et que la situation entre dans mon champ d’accompagnement, nous prenons d’abord le temps de comprendre l’histoire de l’enfant, ce qu’il vit aujourd’hui et ce qu’il aimerait lui-même voir changer.

Je peux ensuite utiliser différents outils adaptés à son âge et à sa personnalité, notamment l’hypnose, l’imaginaire et des outils autour des émotions et de la confiance.

Et lorsque les éléments recueillis indiquent qu’une autre prise en charge doit être privilégiée, j’oriente la famille vers le professionnel approprié.

L’objectif n’est pas de faire absolument de l’hypnose.

L’objectif est que l’enfant reçoive l’aide dont il a réellement besoin.

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Vos questions sur l’énurésie et l’hypnose

L’énurésie est-elle forcément psychologique ?

Non. Faire pipi au lit ne signifie pas automatiquement qu’un enfant rencontre un problème psychologique ou émotionnel. Différents mécanismes peuvent intervenir et certaines situations nécessitent une évaluation médicale.

Faut-il consulter un médecin avant d’envisager l’hypnose ?

Lorsque la situation le nécessite, oui. Dans ma pratique, je m’assure que les vérifications médicales nécessaires ont été réalisées avant de proposer un accompagnement complémentaire. En cas de doute, j’oriente d’abord la famille vers le professionnel compétent.

Mon enfant recommence à faire pipi au lit alors qu’il était propre. Est-ce différent ?

Une réapparition de l’énurésie après une période prolongée de nuits sèches mérite d’être signalée au médecin. Il est important de ne pas conclure soi-même à une origine émotionnelle, même lorsqu’un événement de vie semble coïncider avec son apparition.

L’hypnose peut-elle garantir l’arrêt de l’énurésie ?

Non. Je ne garantis ni l’arrêt de l’énurésie ni un nombre précis de séances. L’hypnose peut constituer un outil complémentaire lorsque la situation s’y prête, notamment autour de l’imaginaire, des sensations, des émotions ou de la confiance en soi.

Que faire si mon enfant a honte ?

Évitez autant que possible les reproches, les moqueries et les comparaisons. Rappelez-lui qu’il ne fait pas exprès et que cette difficulté ne définit ni sa valeur ni ses capacités. Lorsque la honte, l’anxiété ou l’évitement prennent beaucoup de place dans sa vie, cette dimension mérite elle aussi d’être accompagnée.

Laurence Carlo Guilloux
Accompagnatrice en mieux-être
Hypnose • Thérapies brèves • Approches complémentaires
HypnOrka – Yffiniac, près de Saint-Brieuc

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