« Et si tu oublies de venir me chercher ? »
« Et si je n’arrive pas à faire mon contrôle ? »
« Et si mamie tombe malade ? »
« Et si personne ne veut jouer avec moi ? »
« Et si… ? »
Certains enfants ont un véritable talent pour imaginer tout ce qui pourrait mal se passer. Leur cerveau semble parfois avoir recruté un scénariste particulièrement créatif… mais pas franchement spécialisé dans les comédies.
Bien sûr, s’inquiéter fait partie de la vie. Un enfant peut avoir peur avant une rentrée, un contrôle, une séparation ou une situation nouvelle.
Mais lorsque les inquiétudes deviennent très fréquentes, qu’elles occupent beaucoup de place ou qu’elles commencent à modifier son comportement, les parents peuvent se sentir démunis.
Vous avez peut-être déjà essayé de le rassurer :
« Mais non, ça va bien se passer. »
« Tu n’as aucune raison de t’inquiéter. »
« Je te promets que je serai là. »
Et cinq minutes plus tard… la même question revient.
Ce n’est pas forcément parce que votre enfant ne vous écoute pas. Et ce n’est pas non plus parce que vous vous y prenez mal.
Il peut simplement avoir besoin d’apprendre progressivement à trouver de la sécurité autrement que dans votre réponse.
S’inquiéter de temps en temps… ou s’inquiéter de tout ?
Une inquiétude ponctuelle peut être une réaction parfaitement normale.
Avant quelque chose de nouveau ou d’important, le cerveau essaie d’anticiper ce qui pourrait arriver. Cette capacité nous aide aussi à nous préparer et à nous protéger.
Chez certains enfants, cependant, cette anticipation prend beaucoup de place.
Vous pouvez par exemple remarquer qu’il :
- pose régulièrement des questions commençant par « Et si… ? » ;
- imagine rapidement le scénario le plus négatif ;
- demande plusieurs fois la même chose pour être rassuré ;
- a besoin de savoir précisément ce qui va se passer ;
- supporte difficilement les changements ou l’incertitude ;
- hésite à essayer quelque chose de nouveau ;
- évite certaines situations par peur de ce qui pourrait arriver ;
- se plaint parfois de maux de ventre, de tête ou de difficultés à dormir avant un événement.
Un signe isolé ne permet évidemment pas de conclure que votre enfant souffre d’un trouble anxieux.
Ce qui m’intéresse davantage, c’est la fréquence, l’intensité et surtout l’impact sur sa vie quotidienne.
Est-ce que ses inquiétudes l’empêchent de dormir ? D’aller à l’école ? De participer à une activité ? De voir ses copains ? De profiter de choses qu’il aime normalement ?
C’est souvent là que l’observation devient vraiment utile.
Pourquoi son cerveau imagine-t-il toujours le pire ?
Face à l’incertitude, notre cerveau préfère parfois anticiper un danger qui n’arrivera jamais plutôt que d’être surpris.
Chez l’enfant, ce mécanisme peut être particulièrement visible parce qu’il est encore en train d’apprendre à reconnaître ses émotions, à prendre du recul sur ses pensées et à évaluer ce qui est probable… ou simplement possible.
Et tous les enfants ne fonctionnent pas de la même manière.
Certains observent énormément. D’autres ressentent très fortement. Certains ont besoin de comprendre et de prévoir. D’autres possèdent une imagination particulièrement riche.
Le but n’est donc pas de supprimer cette sensibilité ou cette capacité d’anticipation.
Ce sont aussi des qualités.
Il s’agit plutôt d’aider l’enfant à faire la différence entre :
« Mon cerveau imagine que quelque chose pourrait arriver »
et
« Cela va réellement arriver. »
Cette petite différence peut changer beaucoup de choses.
Pourquoi le rassurer encore et encore ne suffit pas toujours
Lorsqu’un enfant nous dit qu’il a peur, notre premier réflexe est souvent de le rassurer.
Et heureusement.
Un enfant a besoin de sentir qu’il peut venir parler à ses parents lorsqu’une inquiétude apparaît.
Mais lorsque la même question revient dix fois, répondre dix fois « ne t’inquiète pas » peut parfois installer involontairement un autre fonctionnement :
je m’inquiète → je demande → maman ou papa me rassure → je me sens mieux → l’inquiétude revient → je redemande.
Le soulagement est réel… mais souvent temporaire.
Petit à petit, l’enfant peut finir par rechercher systématiquement à l’extérieur la certitude dont il aurait besoin pour se sentir en sécurité.
Or la vie ne permet pas toujours d’avoir des certitudes.
L’objectif n’est donc pas d’arrêter brutalement de rassurer votre enfant, mais de l’aider progressivement à développer ses propres ressources face à l’incertitude.
Que lui répondre lorsqu’il recommence par « Et si… ? »
Vous pouvez d’abord accueillir ce qu’il ressent :
« Je vois que ça t’inquiète beaucoup. »
Puis l’aider à réfléchir plutôt que de lui fournir immédiatement une certitude :
« Qu’est-ce que ton cerveau imagine ? »
« Est-ce que c’est quelque chose qui arrive maintenant ou quelque chose que tu imagines pour plus tard ? »
« Qu’est-ce qui te fait penser que cela pourrait arriver ? »
Et parfois :
« Si cela arrivait, qu’est-ce qu’on pourrait faire ? »
Cette dernière question est intéressante.
Parce qu’au lieu d’essayer de convaincre l’enfant que rien de désagréable n’arrivera jamais — promesse que personne ne peut réellement faire — on lui apprend progressivement :
« Même si quelque chose ne se passe pas exactement comme prévu, je peux trouver une solution. »
C’est une autre forme de sécurité.
Lui apprendre à observer ses pensées
Avec les enfants, j’aime utiliser des images simples.
On peut par exemple imaginer que le cerveau possède une petite machine à fabriquer des histoires.
Certaines histoires sont utiles.
D’autres sont complètement farfelues.
Et certaines ressemblent tellement à la réalité qu’on finit par croire qu’elles vont forcément se produire.
On peut alors demander :
« Est-ce que c’est un problème qui existe maintenant… ou une histoire que ton cerveau est en train d’imaginer ? »
L’idée n’est pas de se moquer de son inquiétude.
Pour lui, elle est réelle.
On lui apprend simplement progressivement qu’une pensée n’est pas une prédiction.
Et si son inquiétude avait aussi quelque chose à nous dire ?
Je préfère toujours chercher à comprendre ce qui se passe pour cet enfant-là, plutôt que d’appliquer automatiquement une explication.
Une inquiétude peut apparaître après un changement, une difficulté à l’école, une séparation, une expérience désagréable ou une période familiale compliquée.
Elle peut aussi être liée à son tempérament, à sa sensibilité, à son besoin de contrôle ou simplement à une période de son développement.
Et parfois, la cause n’est pas évidente.
C’est pour cela que je commence par questionner et observer.
Depuis quand cela existe-t-il ?
Dans quelles situations ?
Qu’est-ce qui apaise l’enfant ?
Qu’est-ce qui amplifie son inquiétude ?
Quelles conséquences cela a-t-il dans son quotidien ?
Comprendre vient avant l’outil.
Quand faut-il demander de l’aide ?
Toutes les inquiétudes infantiles ne nécessitent évidemment pas un accompagnement.
En revanche, il peut être utile d’en parler à un professionnel lorsqu’elles deviennent très envahissantes ou entraînent, par exemple, des troubles importants du sommeil, des douleurs physiques répétées, un évitement de l’école ou d’activités, un isolement, des crises fréquentes ou une souffrance qui s’installe.
Selon la situation, un avis médical ou psychologique peut être nécessaire.
Mon rôle n’est pas de poser un diagnostic.
Ma formation autour de l’accompagnement des enfants et adolescents m’a aussi appris à questionner, repérer et orienter lorsque la situation nécessite l’intervention d’un autre professionnel.
Et seulement lorsque cela relève de mon champ, nous pouvons travailler ensemble.
Comment j’accompagne un enfant qui s’inquiète beaucoup
Je n’utilise pas automatiquement la même méthode parce que deux enfants présentent la même difficulté.
Selon son âge, sa personnalité et ce qu’il vit, nous pouvons utiliser l’hypnose, l’imagination, des histoires, des exercices autour des émotions, de la respiration ou d’autres outils adaptés.
L’enfant peut progressivement apprendre à :
- reconnaître ce qui se passe en lui ;
- différencier une pensée d’un danger réel ;
- apaiser son corps lorsque l’alarme se déclenche ;
- retrouver confiance dans ses capacités ;
- imaginer d’autres scénarios que le pire ;
- développer ses propres stratégies lorsqu’une inquiétude apparaît.
L’objectif n’est pas qu’il ne s’inquiète plus jamais.
Ce serait d’ailleurs assez irréaliste.
L’objectif est plutôt qu’une inquiétude puisse passer dans sa tête sans prendre toute la place.
Et qu’il découvre peu à peu :
« Je peux avoir peur ou être inquiet… et savoir quoi faire avec ce que je ressens. »
Une petite expérience à essayer à la maison
La prochaine fois qu’un « Et si… ? » apparaît, essayez de ne pas chercher immédiatement à faire disparaître l’inquiétude.
Vous pouvez lui demander :
« Qu’est-ce que tu sais vraiment ? »
« Qu’est-ce que tu imagines ? »
« Et de quoi aurais-tu besoin si cela arrivait ? »
Trois questions toutes simples.
Elles déplacent doucement l’enfant de « rassure-moi » vers « aide-moi à réfléchir ».
Et c’est progressivement cette capacité que nous cherchons à développer.
Questions fréquentes
Est-ce normal qu’un enfant s’inquiète beaucoup ?
Les inquiétudes font partie du développement. C’est surtout leur fréquence, leur intensité et leur impact sur la vie quotidienne qui permettent de savoir s’il est utile d’aller plus loin.
Faut-il toujours rassurer un enfant inquiet ?
Il est important d’accueillir son émotion et de lui apporter de la sécurité. Mais lorsque les demandes de réassurance deviennent répétitives, on peut aussi l’aider à chercher ses propres réponses et ressources.
Mon enfant qui s’inquiète beaucoup est-il forcément anxieux ?
Non. Une inquiétude fréquente ne suffit pas à poser un diagnostic de trouble anxieux. Si elle devient envahissante ou entraîne une souffrance importante, un professionnel de santé pourra évaluer la situation.
L’hypnose peut-elle aider un enfant qui s’inquiète beaucoup ?
Elle peut faire partie des outils utilisés avec certains enfants, notamment pour travailler avec l’imagination, les sensations et les ressources. Elle n’est ni systématique ni une réponse à toutes les causes possibles de l’inquiétude.
À partir de quel âge peut-on accompagner un enfant ?
Je préfère regarder son développement, sa capacité à participer et la nature de sa difficulté plutôt que de fixer un âge universel. L’accompagnement est adapté à l’enfant.
Et si votre enfant avait surtout besoin d’apprendre à faire confiance à ses propres ressources ?
Si ses inquiétudes prennent de plus en plus de place dans son quotidien, nous pouvons prendre le temps de comprendre ensemble ce qui se passe et déterminer quel accompagnement serait réellement adapté — ou s’il est préférable de vous orienter vers un autre professionnel.
J’accompagne les enfants et les adolescents à Yffiniac, près de Saint-Brieuc, avec des outils adaptés à leur âge et à leur façon de fonctionner.
Prenez soin de vous… et de leurs petits cerveaux parfois très doués pour inventer des “Et si… ?”
Laurence Carlo Guilloux
Accompagnatrice en mieux-être
Hypnose • Thérapies brèves • Approches complémentaires
HypnOrka – Yffiniac, près de Saint-Brieuc
Vous avez déjà été accompagnée chez HypnOrka ?
Votre témoignage peut aider d’autres personnes à trouver l’accompagnement qui leur correspond.
→ Partager votre expérience sur Google



