Anxiété et émotions chez l’enfant et l’adolescent : comment reconnaître les signes et l’aider ?

Enfant inquiet présentant des signes d'anxiété

« Il s’inquiète pour tout. »

« Elle se met en colère pour presque rien. »

« Il me dit qu’il a peur, mais il ne sait pas vraiment de quoi. »

« Elle pleure beaucoup plus qu’avant. »

Chez l’enfant comme chez l’adolescent, les émotions peuvent être intenses. Elles font partie du développement et ne sont pas, à elles seules, le signe que quelque chose ne va pas.

Mais lorsque les inquiétudes, les peurs ou les réactions émotionnelles prennent beaucoup de place, les parents se retrouvent souvent avec la même question :

Est-ce une période normale ou mon enfant est-il réellement en difficulté ?

Il n’est pas toujours simple de faire la différence. D’autant qu’un enfant ou un adolescent anxieux ne dit pas nécessairement : « Je suis anxieux. »

Son comportement — et parfois son corps — peut parler pour lui.

Comment l’anxiété peut-elle se manifester chez un enfant ou un adolescent ?

L’anxiété ne ressemble pas toujours à une peur clairement identifiable.

Selon l’âge et la personnalité du jeune, elle peut se manifester par :

  • des inquiétudes répétées ;
  • un besoin fréquent d’être rassuré ;
  • des difficultés à se séparer des parents ;
  • de l’irritabilité ;
  • des pleurs ;
  • des colères ;
  • des difficultés d’endormissement ;
  • une tendance à éviter certaines situations ;
  • des difficultés de concentration ;
  • des douleurs ou sensations physiques récurrentes ;
  • une peur importante de faire une erreur ou d’échouer.

Chez certains adolescents, elle peut également se cacher derrière une attitude de retrait, une irritabilité inhabituelle ou des phrases comme :

« Laisse-moi tranquille. »

Le comportement visible n’est alors qu’une partie de ce qui se passe.

Mon enfant s’inquiète pour tout : est-ce normal ?

Tous les enfants ont des peurs et des inquiétudes.

Elles évoluent avec l’âge : séparation, noir, école, regard des autres, résultats scolaires, avenir…

La question n’est donc pas seulement :

« Est-ce qu’il a peur ? »

Mais plutôt :

« Quelle place cette peur prend-elle dans sa vie ? »

Une inquiétude mérite davantage d’attention lorsqu’elle devient très fréquente, difficile à apaiser ou qu’elle empêche progressivement l’enfant de faire des choses adaptées à son âge.

Par exemple, lorsqu’il renonce régulièrement à une activité, ne veut plus aller quelque part, sollicite constamment l’assurance de ses parents ou anticipe presque systématiquement que quelque chose va mal se passer.

Enfant submergé par une émotion et exprimant sa colère

Pourquoi mon enfant fait-il des crises de colère alors qu’il semble anxieux ?

Colère et anxiété peuvent parfois être liées.

Un enfant qui ne sait pas encore identifier ou exprimer ce qu’il ressent peut réagir par une explosion émotionnelle.

La colère peut alors masquer :

  • de la peur ;
  • de la frustration ;
  • de la fatigue ;
  • un sentiment d’échec ;
  • une surcharge émotionnelle ;
  • l’impression de ne plus maîtriser la situation.

Cela ne signifie pas que toutes les colères sont dues à l’anxiété.

Mais lorsqu’elles deviennent fréquentes, il peut être utile de chercher ce qui se passe avant la colère, plutôt que de regarder uniquement l’explosion elle-même.

Enfant tenant son ventre en situation de stress

Pourquoi l’anxiété se manifeste-t-elle parfois dans le corps ?

Le stress et les émotions ne restent pas gentiment rangés dans un tiroir du cerveau.

Le corps réagit lui aussi.

Un enfant peut notamment évoquer :

  • une boule au ventre ;
  • des nausées ;
  • des maux de tête ;
  • une gorge serrée ;
  • le cœur qui bat vite ;
  • des tensions ;
  • une envie fréquente d’aller aux toilettes ;
  • une grande fatigue.

Ces manifestations sont réelles.

Il ne s’agit pas de dire à l’enfant : « C’est dans ta tête. »

Lorsque des symptômes physiques sont fréquents, nouveaux, importants ou inexpliqués, un avis médical est nécessaire afin d’en rechercher la cause.

Le stress peut avoir une dimension physique, mais il ne faut pas lui attribuer automatiquement tous les symptômes.

Comment aider son enfant lorsqu’une émotion déborde ?

Le premier réflexe est souvent de vouloir faire disparaître immédiatement l’émotion.

Pourtant, un enfant a d’abord besoin d’apprendre progressivement à la reconnaître.

On peut l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent :

« J’ai l’impression que quelque chose t’inquiète. »

« Est-ce que tu es plutôt en colère, triste ou inquiet ? »

« Où est-ce que tu sens ça dans ton corps ? »

Puis lui proposer des moyens simples de retrouver davantage de calme : respiration, mouvement, activité créative, temps au calme, échange, routine rassurante…

L’objectif n’est pas qu’un enfant ne ressente plus d’émotions désagréables.

C’est qu’il découvre progressivement :

« Je peux ressentir cela sans être complètement débordé. »

Faut-il toujours demander à son enfant ce qui ne va pas ?

Pas nécessairement.

Face à un enfant silencieux, les questions peuvent parfois s’enchaîner :

« Qu’est-ce que tu as ? »

« Il s’est passé quelque chose ? »

« C’est à l’école ? »

« Quelqu’un t’a embêté ? »

À la sixième question, certains enfants ont déjà mentalement quitté la pièce.

On peut aussi simplement dire :

« Je vois que ce n’est pas facile en ce moment. Si tu veux m’en parler, je suis là. »

Cela maintient le lien sans exiger une réponse immédiate.

Parent discutant avec son adolescent de l'image du corps

Quand l’anxiété doit-elle conduire à consulter ?

Il est important de demander l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé lorsque l’anxiété ou les changements observés deviennent importants, persistent ou ont des conséquences sur la vie quotidienne.

Soyez notamment attentif si votre enfant :

  • ne veut plus aller à l’école ;
  • abandonne des activités qu’il appréciait ;
  • s’isole fortement ;
  • dort très mal de façon persistante ;
  • présente des symptômes physiques fréquents ;
  • modifie fortement son alimentation ;
  • fait des crises de panique ;
  • semble durablement triste ou très anxieux ;
  • évoque la mort, le suicide ou se fait du mal.

En cas de doute, mieux vaut demander conseil que rester seul avec ses interrogations.

Quelle place pour un accompagnement émotionnel ?

Lorsque la situation ne nécessite pas — ou plus — une prise en charge médicale ou psychologique spécifique, un accompagnement émotionnel peut aider certains enfants et adolescents à mieux identifier leurs émotions, retrouver des ressources et développer progressivement leur confiance.

Dans mon accompagnement des enfants et adolescents à Yffiniac, j’utilise différents outils adaptés à leur âge et à leurs besoins, sans chercher à leur imposer une manière particulière de s’exprimer.

L’objectif est de leur offrir un espace dans lequel ils peuvent progressivement mieux comprendre ce qui se passe en eux et expérimenter des moyens concrets pour retrouver davantage d’apaisement.

À retenir

Un enfant anxieux ne ressemble pas forcément à un enfant qui a peur.

Il peut s’inquiéter, se mettre en colère, éviter certaines situations, mal dormir ou se plaindre régulièrement de son ventre.

Plutôt que de chercher uniquement à supprimer le comportement, il est souvent utile de se demander :

« Qu’est-ce que mon enfant essaie peut-être d’exprimer ? »

Observer, écouter, maintenir le dialogue et demander un avis professionnel lorsque le mal-être devient important constituent déjà des repères précieux.

 

Questions fréquentes sur l’anxiété et les émotions chez l’enfant et l’adolescent

Comment savoir si mon enfant est anxieux ?

Des inquiétudes répétées, un besoin important d’être rassuré, des évitements, des difficultés de sommeil, une irritabilité ou certaines manifestations physiques peuvent accompagner l’anxiété. C’est surtout leur fréquence, leur intensité et leur impact sur la vie quotidienne qui doivent être observés.

Un enfant anxieux peut-il faire beaucoup de colères ?

Oui, une émotion difficile à identifier peut parfois s’exprimer par de l’irritabilité ou de la colère. Cependant, les colères peuvent avoir de nombreuses causes et ne signifient pas systématiquement qu’un enfant est anxieux.

Le stress peut-il donner mal au ventre à un enfant ?

Le stress peut s’accompagner de manifestations physiques, dont des sensations ou douleurs abdominales. Une douleur fréquente, importante, nouvelle ou persistante doit néanmoins être évaluée par un médecin afin de ne pas attribuer automatiquement le symptôme au stress.

Comment rassurer un enfant qui s’inquiète tout le temps ?

Écoutez d’abord son inquiétude et aidez-le à identifier ce qu’il ressent. Le rassurer ponctuellement est naturel, mais l’aider progressivement à découvrir qu’il possède des ressources pour traverser l’inquiétude est également important.

Quand consulter pour l’anxiété de son enfant ?

Lorsque les inquiétudes persistent, s’intensifient ou perturbent l’école, le sommeil, les relations, les activités ou la vie familiale, il est conseillé d’en parler à un médecin ou à un professionnel de santé.

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